France / La 23e édition du PriMed vient de fermer ses portes – Une semaine riche en émotions

C’est sur le prix du public que la semaine du PriMed a débutée, le dimanche 25 novembre. Organisé au Mucem à Marseille, la salle était comble. Le public, venu très nombreux, a visionné les 6 courts métrages proposés. A la sortie, le choix du meilleur documentaire a été difficile à faire, tant la qualité et les sujets présentés ont conquis et surtout bouleversé les spectateurs. C’est finalement le film de trois jeunes réalisateurs égyptiens, « The White Hell » qui a reçu le plus de suffrages. Il est vrai qu’il était difficile de rester insensible devant les images incroyables des ouvriers dans une carrière de calcaire qui travaillent dans des conditions abominables, sans aucune protection, ni gant, ni masque, alors que l’air est saturé d’une poussière blanche qui envahit tout.

Dès le lundi 26, la rédaction du « PriMed info » installée dans les locaux de l’Alcazar, et ce jusqu’à la fin de la semaine, a commencé à tourner les sujets pour enrichir le journal quotidien de 9 minutes diffusé sur le site du PriMed, de France 3 Provence Alpes et de France 3 Corse. Les étudiants de l’école de journalisme de Marseille, IEJ, étaient encadrés par Xavier Haglund, Rédacteur en chef de France 2 et Franco Revelli, responsable multimédia du CMCA.

Voir ici les 5 émissions du PriMed INFO

A partir du mardi 27, toutes les matinées ont été consacrées au Prix des jeunes de la Méditerranée. Plus de 2000 lycéens sont venus débattre, réfléchir ensemble sur les thématiques des films qui leurs étaient proposés et voter pour leur film préféré. Nous avons vécu des moments très forts avec les élèves. Certains nous ont fait part de leurs vécus de jeunes immigrés, d’autres, comme les égyptiennes présentes à Marseille, ont impressionné tous leurs camarades par leur maîtrise de la langue française et leurs réflexions d’une grande maturité. Les matinées ont été suivies par des master classes, où les jeunes ont pu questionner les 3 réalisateurs des films qu’ils avaient visionné en classe. Les questions ont porté sur le métier de documentariste, journaliste, les études suivies, le coût d’un tournage, mais aussi le choix des sujets, la difficulté à trouver des témoignages etc..

Les après midi ont été consacrées au visionnage des films  par le public. Celui-ci a pu découvrir les 24 œuvres proposées et débattre avec les réalisateurs présents.
Le vendredi 29, la remise des prix a eu lieu dans le Salon d’honneur de la Région. Les lycéens étaient présents en grand nombre pour découvrir le palmarès complet de la 23ème édition du PriMed.
Le samedi 30, tous les films primés ont été projetés à l’Alcazar.


Grand Prix Enjeux Méditerranéens – Parrainé par France Télévisions

UNKEPT SECRETS, de DALIT KIMOR

70 minutes, 2018
Production : Dalit KIMOR, Yes Docu (Israël)

Deux femmes juives orthodoxes refusent de se taire pour couvrir des cas de pédophilie au sein de leurs communautés. Elles en paieront le prix fort.
Ornit, est devenue une héroïne du jour au lendemain, sans le vouloir. Elle et ses enfants, Yankie et Mandy, ont poursuivi en justice le rabbin qui les a agressés et ont enduré des procédures judiciaires éprouvantes. Ils ont dû de plus faire face à la violence de leur communauté qui a choisi de défendre le rabbin. Ils ont été traités de délateurs. 
Genendy est mariée et mère de trois enfants. Il y a 18 ans, elle a dénoncé le viol commis par son père, lui aussi célèbre rabbin, lorsqu’elle était adolescente. Depuis, sa famille l’a rejetée. Toutes les deux sont assistées par Shana, ultra-orthodoxe de 29 ans, qui travaille dans une organisation juive mondiale. Ces victimes deviennent des modèles pour d’autres orthodoxes afin de lutter contre les agressions sexuelles commises au sein de leur communauté.

Dalit KIMOR est diplômée en psychologie de l’éducation de l’Université de Jérusalem, et en cinéma et télévision de l’Université de Tel Aviv. Réalisatrice et scénariste de plusieurs documentaires, son film « Border Land » (2000) a remporté en 2000 le Premier Prix du Reportage d’Investigation au Festival DocAviv. Elle a ensuite réalisé les documentaires « Baby on Order » (2000), « Just love and a hug » (2002), « The year of my death » (2005), « Pickles » (2006, sélectionné au PriMed – le Festival de la Méditerranée en images 2007) et « Ida’s Dance Club » (2009).


Prix Mémoire de la Méditerranée – Parrainé par l’INA (Institut National de l’Audiovisuel)

CAMORRA, de Francesco PATIERNO

70 minutes, 2018
Production : Todos Contentos Y Yo Tambien, Rai Cinema, Rai Teche (Italie)

Le développement de la Camorra à Naples a façonné l’évolution de la ville. De la simple contrebande à ses débuts aux puissants clans organisés d’aujourd’hui, la Camorra a développé son propre pouvoir militaire. Grâce à l’utilisation de films d’archives et de bulletins d’informations, « Camorra » est un reportage sur le vrai visage de l’une des organisations les plus puissantes de la mafia.

Francesco PATIERNO est né en 1964 à Naples. Il est réalisateur, scénariste et auteur. Après des études en architecture, il a été directeur créatif dans une agence de publicité.Il a travaillé ensuite comme réalisateur pour de nombreuses émissions TV.Il a réalisé plusieurs oeuvres, parmi lesquelles : « Pater Familias » (2002), « Il mattino ha l’oro in bocca » (2007), la série TV « Donne assassine » (2008), « Cose dell’altro mondo » (2011), « La gente che sta bene » (2014), « Naples ’44 » (2016), « Diva! » (2017).


Prix Première Œuvre – Parrainé par la RAI (Radio Télévision Italienne)

NAR, de Meriem ACHOUR-BOUAKKAZ

52 minutes, 2019
Production : Afkar Films (Canada)

« Nar » explore une forme de violence extrême en Algérie, celle de l’immolation par le feu, un acte que le film tente de déchiffrer à travers le témoignage de survivants et de familles endeuillées par la perte d’un frère ou d’un fils qui a choisi le feu pour crier son désespoir.
Les jeunes se réfugient dans les cafés pour tuer le temps, et dans les stades pour crier leur rage de vivre, avec un fort sentiment d’enfermement, tous cultivent le même rêve : « la harga », quitter le pays clandestinement. Ce qui semble être leur seul espoir est en réalité une autre forme de suicide.

Diplômée en médecine vétérinaire, Meriem Achour-Bouakkaz est une cinéaste algérienne établie à Montréal depuis 2011. Elle a suivi une formation en réalisation de documentaires à l’INIS Institut National de l’Image et du Son de Montréal. Elle a à son actif deux films : « Harguine harguine » (2008) sur les jeunes qui veulent partir à tout prix au péril de leur vie, et elle a co-réalisé « Nous dehors » qui explore le vécu des femmes et leurs conditions à travers ce qu’elles vivent dans l’espace public.


Prix Art, patrimoine et cultures de la Méditerranée

WA DRARI, de Fatim-Zahra BENCHERKI

71 minutes, 2019
Production : Ali n’ Productions, 2M (Maroc)

« Wa drari » est le résultat d’une immersion d’une année dans la vie d’un duo de rap marocain nommé Shayfeen.
Partis de rien, Shobee et Small X ont réussi à imposer leur franc-parler et à fédérer des millions de jeunes dans un pays conservateur qui les maintient à la marge de la société.Notre rencontre débute alors qu’ils sont à un carrefour de leur carrière : conquérir l’Europe ou rester au Maroc, sans ressources et incompris à jamais.
A travers ce portrait intime, Shobee et Small-X nous révèlent une jeunesse qui se bat pour s’affranchir de la torpeur, dans un pays où meurent les rêves.

Née à Casablanca en 1985, diplômée d’un master en achats industriels et innovation, Fatim-Zahra BENCHERKI se reconvertit dans l’audiovisuel en 2015. Elle intègre la société de production Ali n’Productions et prend en charge la stratégie de développement de contenu du groupe, pour la télévision et les longs-métrages. Elle participe notamment à l’accompagnement des sorties des films “Much Loved” et “Razzia” de Nabil Ayouch et produit des mini-documentaires pour des institutions telles que l’Union Européenne, ou le think-thank Les Citoyens. En 2016 elle lance l’incubateur de talents Jawjab, nouvelle filiale du groupe, spécialisée dans le digital et la création de contenu web, dont elle est directrice générale jusqu’en 2018. Au sein de l’incubateur, elle crée un programme dédié à la libération de la parole féminine et produit dans ce cadre la web-série à l’impact international, “Marokkiat”. Dans la continuité de son travail sur la question du genre, elle produit la campagne “Because I’m a Man”, sur les masculinités positives au Maghreb pour l’ONU Femmes. Fatim-Zahra est également auteure de la série documentaire “Les Marocains du futur”, produite par 2M, dont le film “Wa drari” fait partie.


Prix des Jeunes de la Méditerranée

WA DRARI, de Fatim-Zahra BENCHERKI


Prix Court méditerranée (Prix du public)

THE WHITE HELL, de Ahmed ASSEM, Mahmoud KHALED et Omar SHASH

15 minutes, 2018

C’est peut-être l’un des lieux de travail les plus dangereux et les plus meurtriers en Égypte. Les tailleurs de pierre et les conducteurs circulent à travers les nuages de poussière blanche qui pénètre dans les poumons, réduisant leur capacité respiratoire. 300 kilomètres carrés de carrières de calcaire où 35.000 travailleurs souffrent de conditions de travail sévères, le tout pour un très maigre salaire de 3 à 4 dollars par jour.

Ahmed ASSEM, Mahmoud KHALED et Omar SHASH font partie d’une équipe de réalisateurs diplômés du département de cinéma de la Faculté des arts appliqués de l’Université de Helwan, au Caire. Ensemble, ils ont tourné de nombreux courts-métrages. L’un d’entre eux a remporté le Prix du meilleur montage au Festival du Film Masr Dot Bokra en 2018.


Mention spéciale ASBU

L’EUROPE AU PIED DES MURS, de Elsa PUTELAT et Nicolas DUPUIS

54 minutes, 2018
Production : EKLA Production, ViàOccitanie Montpellier (France)

Près de 30 ans après la chute du rideau de fer, l’Europe se replie sur ses frontières. L’Espagne, la Grèce, la Bulgarie, maintenant la Hongrie, la France à Calais, et bientôt la Norvège ferment leurs frontières extérieures par un mur. L’actualité migratoire a encore accéléré le rythme de construction de ces fortifications et renforcé les contrôles. Des centaines de milliers de caméras, de capteurs, des équipements de plus en plus coûteux et techniques, des milliers d’hommes pour surveiller, et bien sûr des milliards d’euros dépensés.
Malgré tous ces murs, l’Europe voit arriver plusieurs milliers de réfugiés chaque mois. Alors pourquoi continuer à les construire ? Ce film interroge la politique européenne de repli sur soi. Ce documentaire est une enquête à travers l’Europe pour découvrir et comprendre la face cachée de ces murs que nous, citoyens européens, ne soupçonnons pas.

Elsa Putelat exerce depuis 2005 différents rôles (juridique, coordination, consultation, permanence) au sein de nombreuses associations humanitaires : Amnesty International, Médecins du Monde, ACAT, Cimade… Elle participe également, en 2007 et 2010, au développement de deux films produits par la Plateforme des ONG françaises.
En 2018, elle s’associe à Nicolas Dupuis pour la réalisation du film « L’Europe au pied des murs ».
Nicolas Dupuis a réalisé plusieurs courts et longs-métrages depuis 2005, dont  « Quelle était belle mon usine » (52 minutes) en 2008, et « Tant qu’il y aura un blocus » (52 minutes) en 2012, co-réalisé avec Matthieu Jeuland.


Prix « Moi, citoyen méditerranéen »

Mention SUD Méditerranée parrainée par CFI ( Canal France International) :
UNE ÂME UNIE, de Mirna IHAB, du Collège Saint-Vincent du Caire

Mention NORD Méditerranée :
QU’EST-CE QUI CARACTÉRISE UNE FEMME FORTE ? de Manon BEAUSIRE, du Lycée Marseilleveyre de Marseille


PRIX A LA DIFFUSION

2M (Maroc) :

XALKO, de Sami MERMER et Hind BENCHEKROUN

100 minutes, 2019
Production : Les Films de la Tortue (Canada)

Au cœur de l’Anatolie turque se trouve un village kurde, Xalko. Le cinéaste Sami Mermer revient en visite là où il est né, lui qui, comme tant d’autres a émigré en Occident. Il retrouve Xalko peuplé essentiellement de femmes et des quelques hommes qui y sont restés. Avec la coréalisatrice Hind Benchekroun, il nous fait découvrir « l’autre côté » de la migration. Grâce à la proximité des cinéastes avec celles qu’ils filment, « Xalko » se fait la chronique d’un mode de vie menacé par l’exode, mais aussi le portrait poignant de femmes fortes qui mènent leur vie sans les hommes. Ce retour aux sources devient l’occasion de confronter collectivement la culpabilité de ceux qui sont partis et l’amertume – souvent exprimée avec humour – de celles qui ont travaillé d’arrache-pied pour garder la vie du village à flot.

Sami MERMER, né en Turquie, et Hind BENCHEKROUN, originaire du Maroc, travaillent dans le monde du cinéma depuis plusieurs années. Ensemble, ils ont réalisé les documentaires “La boîte de Lanzo” (2006), sur les sans-abri aux Etats-Unis, “Les tortues ne meurent pas de vieillesse” (2010), sur la vie de trois vieux hommes dans la région du nord du Maroc, et “Callshop Istanbul” (2015), sur des migrants de passage à Istanbul. Ce dernier film a été sélectionné dans plusieurs festivals et a gagné de nombreux prix : Grand prix 2M et Prix des droits humains au Fidadoc à Agadir (2016), Meilleur documentaire à Duhok Film Festival et au Golden Tree Film Festival. De plus, il a été nominé pour le meilleur montage et meilleur documentaire au Gala-Québec Cinéma en 2017.

France 3 Corse ViaStella :

XALKO, de Sami MERMER et Hind BENCHEKROUN

RAI 3 (Italie) :

THE TRIAL OF RATKO MLADIC, de Henry SINGER et Robert MILLER

100 minutes, 2018
Production : Sandpaper Films (Royaume-Uni), Peggy Pictures (Royaume-Uni), Sant & Usant (Norvège)

À quoi, ou à qui sert la justice internationale ? En 2012, un procès historique débute à La Haye, celui du général Ratko Mladić, qui a mené le siège de Sarajevo et le génocide de Srebrenica. Pendant cinq ans, les cinéastes ont effectué un travail titanesque à partir de centaines d’heures d’archives et donné la parole aux victimes, mais aussi aux avocats de Mladić et à ses proches.

Henry SINGER est l’un des réalisateurs de documentaires les plus acclamés par la critique britannique. Il a remporté ou a été nominé pour tous les grands prix du documentaire britannique, notamment le BAFTA, la Royal Television Society, Grierson, le Broadcast, le Broadcasting Press Guild, le Televisual et l’Emmy. Ses films ont été projetés dans des festivals du monde entier.
Parmi ses longs-métrages primés figurent « The Falling Man » sur la photo de quelqu’un qui a sauté ou est tombé du World Trade Center le 11 septembre, « The Untold Story of Baby P » qui raconte la mort d’un enfant de dix-sept mois dans le nord de Londres, et « The Blood of the Rose » sur le meurtre brutal du cinéaste et conservateur Joan Root au Kenya.
Robert MILLER a commencé sa carrière au sein d’une organisation de défense des droits de l’homme avant de passer au documentaire. Il a plus de quinze ans d’expérience dans le développement et la production de documentaires pour la BBC et Channel Four, collaborant avec Henry Singer dans « Last Orders », « On A Cold Friday in November » et « The Betrayed Girls ».
Sa série télévisée sur les soins aux personnes âgées, intitulée « Protecting Our Parents », a été décrite par Radio Times comme l’une des plus importantes jamais diffusée à la télévision britannique et a été nominée pour les prix Broadcast, Royal Television Society et BAFTA.

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