LIBAN / Mort de Lokman Slim, intellectuel libanais et coréalisateur de «Massaker» et «Tadmor»

© Sam Tarling

L’intellectuel libanais Lokman Slim a été retrouvé mort assassiné à Zahrani le 4 février 2021. Ce « fervent opposant au confessionnalisme » avait déjà reçu des menaces de mort en 2019. Critique du Hezbollah depuis plusieurs années, il s’était notamment exprimé contre l’intervention du parti menée en Syrie pour soutenir le régime Al-Assad. Le président Michel Aoun a appelé à une enquête sur le meurtre de l’écrivain réalisateur anti-Hezbollah, sous l’égide de l’ONG Human Rights Watch.

Un cinéaste engagé dans l’histoire culturelle et politique du Liban

Lokman Slim était une figure de premier plan de la préservation et la promotion de l’histoire culturelle du Liban. Marié à la cinéaste allemande Monika Borgmann, ils collaboraient depuis le début des années 2000. 

Ils ont réalisé ensemble deux documentaires engagés : 

Massaker” (2004) sur les violences perpétrées contre les Palestiniens du camp de Sabra et Chatila en 1982.

« Du 16 au 18 septembre 1982, pendant deux nuits et trois jours, Sabra et Chatila, chef-lieu de la présence palestinienne civile, politique et militaire au Liban est mis à feu et à sang. Vingt ans plus tard, six participants à ce massacre qui a choqué l’opinion publique mondiale, racontent pour la première fois leurs excès meurtriers et barbares. » (Source : cmca-med.fr)
Ce long métrage a reçu sept récompenses, dont le Prix Fipresci à la Berlinale de 2005.


Leur dernière œuvre “Tadmor”, sortie en 2016, donnait la parole à d’anciens détenus libanais

À la suite du soulèvement populaire contre le régime syrien en 2011, un groupe d’anciens détenus libanais décide de rompre le silence sur leurs longues années passées dans la prison de Tadmor (Palmyre), l’une des plus terribles du régime des Assad. Ils choisissent de témoigner au grand jour des tortures systématiques et des humiliations subies. Pour se réapproprier ce chapitre sombre de leurs existences et le dépasser, ils reconstituent Tadmor dans une école abandonnée près de Beyrouth. En endossant cette fois le rôle des « victimes » et celui des « bourreaux », ils vont y revivre ce à quoi ils ont survécu.” (Source : filmdocumentaire.fr)

Ces deux documentaires ont participé au PriMed.

Le couple a également fondé l’UMAM Documentation and Research. L’ONG libanaise est dédiée aux violences civiles et à la mémoire collective de la guerre du Liban. Leur maison d’édition Dar al-Jadeed Publishing offre quant à elle, une plateforme aux écrivains reconnus, débutants et controversés du pays.

Plusieurs manifestations ont eu lieu à Beyrouth en hommage à l’intellectuel le 4 février dernier. Un hommage lui a également été rendu le 11 février à la villa Mohsen Slim, siège de l’ONG UMAM.

Sources: lorientlejour.comlemonde.fr

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